23.02.2007

POURQUOI JE VOTE SCHIVARDI

            Les économistes officiels ont beau tenter de minimiser la réalité, les faits sont têtus : la pauvreté contamine la France. Multiplication des SDF, de la précarité, du chômage, surendettement, etc. Les stigmates de la misère ne manquent pas et touchent toute la France en ville comme à la campagne. Cette situation qui dure et s’aggrave depuis plus de 20 ans a des causes évidentes : délocalisations, « réformes » des services publics, baisse des salaires et tyrannie du MEDEF sont les premiers coupables de cette triste réalité. La gauche comme la droite n’ont fait que gérer le problème sans même chercher à le résoudre.

            Dans la perspective des présidentielles de 2007 certains candidats à « la gauche de la gauche » disent cela plus ou moins fort, plus ou moins sincèrement. Quand on y regarde de plus près que proposent ces bavards ? Certes ils déplorent une réalité sordide, mais restent flous sur les solutions. Or, la dictature libérale qui enrichie une poignée de grands propriétaires est décuplée par les traités européens. Qui affirme ça ? Qui dénonce clairement la gestion de l’euro ? Qui explique comment tous les traités (depuis Maastricht) empêchent toute politique sociale ?

            Certes la campagne pour le NON au référendum a rassemblé largement à gauche (en dehors du PS bien entendu) mais aujourd’hui aucun des opposants au traité constitutionnel ne continue le débat. Ni la LCR, ni le PC et encore moins autour de Chevènement on veut poser la question des traités existants. On parle vaguement d’une « autre Europe », d’une « Europe sociale », etc. Comme si ces belles idées pouvaient un jour s’appliquer à l’ombre de Bruxelles.

            Pour les citoyens soucieux de sortir la France et ses travailleurs des inégalités et de la pauvreté il faut obligatoirement commencer par poser la question des traités européens. Tous ceux qui s’opposent verbalement à l’Europe libérale sans demander l’abrogation des traités et des directives européennes font le jeu du système.

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            De plus, toute la « gauche de la gauche » si bruyante dans les médias est bien plus silencieuse au sujet du second tour. Pour cause de concurrence entre ces candidats leurs belles déclarations vont être de plus en plus radicales, mais que feront-ils le 22 avril au soir ? Ils ont tous été très clairs chacun à leur façon : ils voteront pour S. Royal ! Or, nous sommes là devant une cruelle contradiction : partisane acharnée du OUI le 29 mai, évoluant à la droite du PS depuis des décennies, muette sur la réalité sociale, démocrate-chrétienne avouée S. Royal appliquera servilement et sans aucune originalité les traités européens et, comme Mitterrand et Chirac, acceptera l’augmentation de la pauvreté, le pourrissement des banlieues ou les guerres impérialistes des Etats-Unis.

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            Bien sûr, la « gauche de la gauche » était contre la guerre en Irak. Comment être pour ? Mais notons bien que S. Royal a toujours été très ambiguë sur cette question. Comme pas mal de hiérarques socialistes, elle a davantage de relations avec les élus américains (démocrates comme républicains) qu’avec les représentants des peuples en lutte. Soyons clairs : Sarkozy ou Royal sont parfaitement capables d’épauler l’impérialisme américain contre l’Iran ou la Syrie, or, que feront, que diront les supporters de Royal devant une nouvelle guerre du Golf ?

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            La France est républicaine. N’en déplaise à l’Europe et aux partis de gouvernement les Français sont très majoritairement attachés à la laïcité et à l’égalité de tous. Or, droite et gauche ont depuis longtemps rompu par les acquis de la révolution française. La décentralisation appliquée par Chirac-Sarkozy-Raffarin a été initiée par le gouvernement de « gauche plurielle ». Souvenez-vous du « statut de la Corse » proposée par Jospin, encouragé par Sarkozy, et fort justement rejeté par nos compatriotes de Corse.

            Droite, gauche et prétendus révolutionnaires ne sont pas clairs avec la république et la laïcité. Ponctuellement ils se montrent même tolérants avec les jeunes filles voilées.

Aujourd’hui les « réformes » du secteur de la santé ou de l’éducation mènent à moins de services publics pour la population et plus de place au secteur privé. Or, que nous proposent les candidats de l’ex « gauche plurielle » pour briser cette machine anti-sociale ? Rien. Ou pire : un silence complice vis-à-vis de l’Europe des traités. Car le temps n’est pas si lointain où le gouvernement e « gauche plurielle » n’hésitait pas à appliquer les directives de Bruxelles au détriment des citoyens, des petites communes et des services publics. Souvenons-nous que la « réforme » des retraites de 2003 fut décidée au sommet européen de Barcelone où Jospin et Chirac communièrent dans l’acceptation de ce recul social imposé par Bruxelles.

Il est donc temps de ne plus croire les pseudo révolutionnaires, les faux anti-libéraux de « la gauche de la gauche », les extrémistes de salon des directions syndicales qui profitent de la colère du peuple avant d’accepter les diktats de l’Europe et des multinationales qui la dirigent.

Et, dans le cadre des élections présidentielles seul G. Schivardi affirme clairement qu’il faut rompre avec l’Union Européenne. Le seul discours authentiquement anti-libéral c’est le sien, le seul programme républicain conséquent c’est le sien. Le reste, tout le reste, n’est que bla-bla médiatique et mauvaise foi confondante.

Je ne connais pas personnellement G. Schivardi, je ne suis membre d’aucun parti politique, mais pour résister à l’Union Européenne je voterai pour lui.

 

 

Denis Gorteau est co-fondateur de l’association Valeurs et Actions Républicaines

 

 

Rédacteur sur le site www.que-faire.info sous le pseudonyme de Terouga.

 

 

Auteur du roman anti-guerre "A MORT l’IRAK" http://www.amazon.fr/Mort-lIrak-Denis-Gorteau/dp/28466811...

Commentaires

Félicitation pour cette prise de position cher collègue!
Je me demande cependant jusqu'où peut aller cette candidature étant donné que la censure pèse lourd sur ce candidat, qu'il n'est pas formaté à la "communication", et qu'en plus de déformations diversement haineuses de la part des journalistes laquais, il risque de passer en plus pour un guignol à accent du sud.
Le net est peut-être une réponse, mais bon, je n'y crois guère.

Ecrit par : François Godicheau | 17.03.2007

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