13.08.2008

La Géorgie de Saakachvili

 

En août 2008 une courte guerre a secoué le sud du Caucase : en moins d’une semaine les forces russes occupaient certains territoires géorgiens, brisaient l’armée de Tbilissi et imposaient un cessez-le-feu à ses conditions.

Connaissant mal la région et les enjeux géopolitiques l’opinion et les media français sont restés assez neutres, se contentant de citer les différents communiqués des deux camps.

 A dire vrai le contentieux, qui n’est nullement réglé, remonte au moins la liquidation de l’URSS en 90-91 quand des territoires soviétiques sont devenus indépendants tout en gardant les frontières administratives des républiques soviétiques : la Géorgie est devenu un Etat indépendant avec au moins deux régions peuplées de gens plutôt favorables à la Russie : c’est le cas de l’Ossétie du sud en Géorgie, territoire qui prolonge l’Ossétie du nord, qui est une région russe. Incapable de maintenir son empire.

La Russie des années 90 a tout de même instrumentalisé ces minorités (en Géorgie comme ailleurs) pour exercer une pression sur son " étranger proche ".

Or, cet équilibre très instable a été rompu à partir des années 2000 quand " la révolution orange " a renversé des régimes accommodants avec Moscou. Ce fut le cas aussi en Ukraine où des " fondations " américaines (en réalité des agences néo-conservatrices) ont subventionné l’opposition afin qu’elle soit à même de renverser des régimes usés et discrédités par 10 ans de gestion de la pénurie post-soviétique.

Aussitôt installés ces régimes n’ont pas arrangé le quotidien de leur population, leurs priorités étaient autres : arrimer définitivement leur pays à l’Occident, c’est à dire l’OTAN et l’Union Européenne. Cela explique pourquoi le président Saakachvili s’exprime toujours avec un drapeau européen derrière lui…

Assez vite des bases américaines et les " conseillers " qui vont avec se sont installés sur ces territoires avec pour mission d’encercler la Russie alors à peine sortie de 15 années de chaos eltsinien.

Du coup Saakachvili s’est cru capable de récupérer pleinement le pouvoir dans les régions de facto autonomes et soutenues par des soldats russes. Mais cette offensive fut un échec complet, le duo Poutine-Medvedev ayant réussi assez vite a briser les forces géorgiennes qui étaient en pleine restructuration pour adhérer à l’OTAN.

 La Russie, par cette offensive exemplaire, lutte contre le monde unipolaire dominé par les seuls USA, c’est pour cela qu’elle doit avoir la sympathie de tous les amis de la liberté des peuples.

Commentaires

Moui...

- Enfin la Russie est un pays impérialiste au même titre que les USA. Elle n'a cependant pas (encore) les moyens monétaires de livrer des grandes guerres de conquête (qui restent périphériques, tchétchénie, georgie) mais nulle doute que dés sa puissance financiére installée (oligarques, gazproms, clearstream) elle deviendra le principal concurrent des USA à l'hégémonie impérialiste mondiale.

- Par ailleurs, la Russie ou l'ex-URSS n'est pas un Etat-nation, il n'y a absolument aucun point commun entre les ossetes, les russes et les siberiens par exemple, pas plus qu'entre un suédois et un grec par exemple. C'est un impérialisme totalitaire évident que de vouloir faire tenir ce maelstrom à coup de bombardements. Cela rappelle inévitablement la politique sud américaine des US.

Luttons contre TOUS les impérialismes!

Ecrit par : chevillette | 13.08.2008

Salut Chevilette, ravi de te lire.

Bien sûr, dans l'absolu il faudrait lutter contre tous les impérialismes, mais nous ne vivons pas au pays des idées...

En tant que Français attaché à l'indépendance de mon pays et soucieux d'écarter les USA, je crois qu'une Russie forte peut aider à avoir un monde plus unipolaire.

"Combattre tous les impérialismes" revient, de facto, à encourager le plus puissant...

Ecrit par : terouga | 14.08.2008

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