10.05.2008
QUI sont les "indigènes de la république" ?
En janvier 2005 : un collectif nommé " les Indigènes de la République " voyait le jour à la suite d'un appel signé par plusieurs milliers de personnes au nom de la défense des " droits " des populations d'origine immigrée vivant en France. Le texte de cet appel surprend car il mêle des revendications justifiées à des prétentions identitaires malsaines. Phraséologie gauchiste, attaques contre la France " coloniale ", exigences aux contours mal définis, " les Indigènes de la République ", en outre, usent et abusent de la victimologie pour susciter l'intérêt. Colère sincère ou basse opération de lobbying ?
la suite : http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Analysesterro...
14:09 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : indigènes, république, communautarisme
29.12.2007
La question environnementale et le capitalisme
Vers une nouvelle économie verte ?


I. L’environnement nouveau déterminisme de la politique ?
Il faut remonter aux années 1990 pour voir fleurir les questions environnementales. De cette période date la naissance des premiers produits « verts », écologiques, recyclables ou dits non polluants. Le sommet onusien « de la terre » à Rio de Janeiro de 1992 marque une prise de conscience mondiale des menaces sur notre planète.
Cette nouvelle question environnementale soulevée dans les années 70 par les premiers écologistes se décline dans de multiples sous-questions : effet de serre, nucléaire, pollutions, rareté du pétrole, énergies renouvelables, etc.
Mise à part le remplacement des CFC dans les aérosols (dont la dangerosité sur la couche d’ozone est encore discutée) l’écologie marque en fait peu de points. La baisse relative des prix du pétrole après la première guerre du Golf remise même ces questions qui alimentent tout de même des partis « écolos » vite intégrés dans le jeu politicien, c'est-à-dire essentiellement comme faux-nez de la gauche occidentale qui cherche à oublier la lutte des classes après la fin de l’URSS. L’écologie devient un gadget de plus des socio-démocrates.
l'intégrale du texte est ici : http://que-faire.info/Principal/0712%20Environnement.htm#...
15:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écologie, sarkozy, politique, démographie, terouga
11.12.2007
S A R K O Z Y, 6 mois après
S A R K O Z Y
par les people, pour les people

« Nicolas Sarkozy est avant tout un personnage ridicule, il ne devrait pas dépasser les 15 % ». C’est ce que disait de démographe E. Todd avant le premier tour de la présidentielle[1]. Amalgamant Royal et Sarkozy en les accusant d’être des « candidats du vide » il était dans le vrai, mais force est de constater que ces candidats officiels ont largement dépassé le score que leurs discours mensongers méritaient, et, plus encore que la volaille socialiste Sarkozy a réussi à s’imposer dans l’opinion, dépassant les 5 % de Français financièrement intéressés à son programme… Minorité immédiatement récompensée dès juillet !
Cette réussite aussi surprenante que tragique pour le pays a déjà été analysée : la petite bourgeoisie vieillissante, menacée dans sa propriété, s’est laissé rassurer par les postures effectivement ridicules de l’ami Ricoré des grands patrons. Usant et abusant de « l’insécurité », des « privilèges » de la fonction publique et d’un égoïsme héroïque (« travaillez plus pour gagner plus ») il a amalgamé derrière lui des intérêts et des clientèles complètement contradictoires et fort volatiles. Six mois après sa victoire le vernis craque et les problèmes sont plus béants que jamais : Comment réduire les dépenses publiques tout en assurant des services à son électorat très âgé ?
Comment lutter contre la délinquance sans restaurer l’Etat ?
Comment éviter le cancer de la précarité en liquidant le code du travail ?
Comment relancer la croissance sans remettre en cause les traités européens ?
Pour éviter d’assumer ces questions cruciales toutes les manipulations sont bonnes…
1. Progrès
Le début du quinquennat de Sarkozy marque avant tout un progrès dans l’affirmation d’un gouvernement ouvertement oligarchique. Sur le plan strictement politicien « l’ouverture » aux socialistes qui pensent comme lui rend plus visible une vérité mal cachée jadis : le consensus des élites derrière les traités européens, le sionisme et l’atlantisme. Avec des degrés variables les responsables politiques communient dans un meilleur des mondes oligarchique qui réserve à eux-mêmes et à leurs enfants prébendes, postes et paillettes.
Cet état de fait n’est pas une nouveauté, les « ouvertures » de Giscard et Mitterrand avaient le même but : créer un parti unique centriste d’apparence qui se survivrait à lui-même sur fond de libéralisme euro-américain. Querelles d’hommes et luttes sociales en décidèrent autrement, mais aujourd’hui jamais cette mouvance mondialiste et libérale n’a été aussi soudée derrière des intérêts énormes et leur gestionnaire désigné car chaque « réforme » alimente un secteur du capitalisme (retraites, écoles et assurances santé privées, etc.).
Sur le plan international le sionisme de la nouvelle équipe gouvernementale ne fait aucun doute : Strauss-Kahn au FMI, Kouchner aux affaires étrangères et Sarkozy aux Etats-Unis, voilà une belle brochette de non alignés ! Les discours inutilement menaçants sur l’Iran[2] n’ont pas d’autres sources que cette atmosphère néo-conservatrice qui, sur le point de se dissiper quelque peu aux USA, vient polluer le pays du général de Gaulle.
Pro-américain sur la scène mondiale Sarkozy ne pouvait être autre chose que pro-européen en Europe. Le changement d’échelle géographique ne changeant pas l’échelle des valeurs. Pour Sarkozy et ses conseillers la France n’a plus vraiment de réalité : elle ne peut être qu’un secteur du grand marché unique européen et une province touristique pittoresque pour nouveaux riches. Le retour de la constitution européenne imposée et acceptée uniquement par « la France d’en haut » est aussi peu démocratique que peu surprenante. Là aussi, sans surprise, tous les politiciens de l’UMPS ne font qu’un derrière cet affront au vote des Français. Ces oligarques se pensent au pire comme des aristocrates, au mieux comme des maires qui gèrent la forme et se profitent du fond.
Avec une obstination proportionnelle à son inculture le nouveau président laisse donc le marché et ses « experts » adapter les Français au nouvel ordre international où la valeur de l’euro et les taux d’intérêts (décidés par la BCE) ne peuvent que réduire les salaires et les acquis sociaux. Là aussi on est davantage dans les progrès d’un processus lancé par la « gauche » que dans la rupture qui, concernant notre ridicule personnage, ne sera que conjugale.
Les grèves assez importantes d’octobre et novembre 2007 signalent une exaspération légitime de salariés menacés par les directives européennes mais qui ne sauraient constituer une riposte efficace et constructive au sarkozisme : attachés uniquement à leurs acquis ces salariés souhaitent davantage un statu quo qu’un mouvement qui associerait éventuellement les millions de Français plus précaires, exploités et dupés qu’eux.
Redoutant un mai 68 rampant, c’est à dire une série de désordres et de mouvements sociaux sans tête ni syndicats à stipendier avec l’argent du MEDEF, la présidence se retrouve obligée de faire mousser des interlocuteurs plus faciles à manipuler que la foule, c’est pourquoi la CGT est apparue comme LE syndicat partenaire des « réformes ».
Mais sans croissance, ligoté par la BCE et face aux espoirs soulevés, voilà notre ersatz de Napoléon au cœur de ses propres contradictions.
2. Le petit père des people
Aidé par une opposition très largement ralliée au consensus euro-libéral et soutenu indirectement par des partis protestataires assez médiocres, Sarkozy peut tenir encore longtemps.
Comme Mitterrand et Chirac avant lui il ne va cesser de perdre des points de popularité et des élections secondaires, mais il restera le chef d’orchestre des clientèles de la droite tout en bénéficiant du soutien obscène des « 200 familles ».
Assis sans pudeur en haut du mur de l’argent il tirera sans vergogne les ficelles de la politique politicienne en préférant tenir que courir.
Peut-être plus que ses prédécesseurs il utilise sans retenue les media de masse détenus opportunément par ses amis du CAC 40.
Ministres sans personnalité, visites surprises là où il n’a rien à faire, discours creux mais bien dits (voir ses « propositions » sur le pouvoir d’achat à la fois tardives et creuses)… Les élites ne manquent pas de ficelles pour tromper le peuple alors qu’elles préfèrent le people. Et si cela ne suffit pas la « menace terroriste » (corse, islamiste ou autres…) ou même une guerre contre l’axe du mal saura hypnotiser au delà du troisième âge.
En attendant il fait de la surenchère dans la « victimologie » : il verse quelques larmes de crocodiles sur mille et une victimes (infirmières bulgares, otages, anonymes assassinés, policiers blessés…) en bon bonimenteur télévisuel.
Si ces combines assez minables sont les armes coutumières de l’oligarchie, le vide de l’opposition est plus grave et plus déprimant.
Les dirigeants politiques gravitent et évoluent dans une même marre que décrit Le Canard Enchaîné qui, sans révéler l’ampleur de leur cynisme, montre par petites touches comment vivent nos dirigeants. Quelle différence entre les chefs du PS et de l’UMP ? Absolument aucune. L’omniprésence de Sarkozy dans les media s’adressant à tous les publics répond aussi à une autre contradiction de l’oligarchie : les rivalités internes. En effet, bien des élus UMP intéressés par leur baronnie locale supportent déjà mal les « réformes » du président : la fermeture de plusieurs dizaines de tribunaux mécontentent une clientèle sûre de la droite : les avocats et leurs salariés ! Et que dire des « durs » de la majorité qui auraient souhaité une réforme plus radicale des régimes spéciaux ?
Pour cacher la misère morale et intellectuelle de l’UMP Sarkozy surveille ceux qui l’ont fait roi, c’est là la motivation première de l’ouverture à des « socialistes » ambitieux ou à des créatures présidentielles comme F. Amara ou R. Dati, unanimement haïes par l’UMP… C’est, du reste, le seul pouvoir du président réduit à exister par et pour les médias tellement le vrai pouvoir est ailleurs. Fidèle jusqu’à la caricature R. Dati fait de même en n’agissant que par et pour le paraître. La visite de Kadhafi montre comment les cadres du parti sont autonomes vis-à-vis de l’Elysée réduit au soutien de ses seuls pions.
Le sarkozisme n’a donc rien de très nouveau à proposer en tête de gondole : Mitterrand et Giscard firent de même en divisant l’opposition tout en chassant les personnalités de la majorité et Chirac fut le vrai père de Sarkozy en lui montrant que les discours valent moins que la lente inondation libérale. On l’a oublié mais lui aussi s’agita sans répit la première année de son mandat.
3. L’archipel de la décomposition
Et pendant ce temps la France se dissout sous les coups d’un libéralisme anglo-saxon étranger à sa culture et à son histoire. Sans alternative nationale-républicaine crédible, la population se recroqueville sur elle-même : la population vieillit, la petite délinquance remplit utilement les vides du marché, les anti-dépresseurs et autres « remontants » se vendent plus que bien, le suicide, la prostitution et les sectes se portent bien.
Des travaux sociologiques étudient les mutations ou la décomposition de la société française. L’avenir dira s’il s’agit d’un déclin profond ou d’une confuse phase d’adaptation, mais le fait est que les gens souffrent en ne sachant pas pourquoi. Des chiffres affolants sont disponibles : 7 millions de pauvres, deux autres millions de gens susceptibles de le devenir, un système de santé et éducatif qui est de moins en moins efficace, un communautarisme rampant, une précarité insensée…
Sûres d’elles les élites n’ont même plus la volonté de cacher des chiffres effroyables pour qui sait lire : enrichissement de riches déjà plus aisés que jamais, multiplication des nouvelles pauvretés à la base, la société se délite et se morcelle en groupes, bandes, réseaux rivaux.
Pourquoi tant de passivité ? C’est que le phénomène est très lent : le sociologue E. Dupin a, dans Le Ghetto français, analysé l’historique de cette situation qui remonte selon lui au virage libéral de 1983. Depuis 25 ans les classes sociales ont tendance à se fuir géographiquement : si Neuilly-sur-Seine symbolise à l’extrême la fortification des élites, le reste de la société française subit le même sort très visible dans les grandes villes, celles précisément connectées le plus brutalement à la mondialisation : les flux amènent des immigrés (légaux ou non) en concurrence avec les prolétaires déjà exploités. A l’autre bout de la ville des capitaux s’installent et font main basse tout ce qui peut se négocier. C’est là l’explication de la hausse spectaculaire de l’immobilier depuis une dizaine d’années ; phénomène qui se déverse ensuite dans les villes moyennes puis les petites villes, etc.
La solution est-elle de refuser les capitaux ? De traquer les immigrés ? Face à de tels défis aucune solution ne doit être écarté a priori, mais la France n’a pas vocation à se couper du monde économique ou du monde tout court. Un contrôle étatique et citoyen est pourtant une nécessité car la question des frontières est vitale pour tout Etat digne de ce nom.
Chasser les « sans papiers » comme du bétail tout en laissant les fonds de pension us agir à leur guise est une situation digne de JM Bigard. C’est pourtant ça qui a vidé le vote Le Pen de centaines de milliers de voix.
Dans son dernier éditorial avant d’être assassinée par les socialistes Rosa Luxembourg qui avait tenté une révolution bolchevique à Berlin en 1918 analysait l’échec des premiers communistes allemands. Elle pointait, entre autres causes, la mentalité petite-bourgeoise des Berlinois, encore prussiens et soumis.
N’en sommes-nous pas encore là ?

09:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, politique, résistance
24.10.2007
l’identité nationale en question
L'identité nationale est-elle compatible avec les valeurs républicaines ?
« L’identité nationale » est-il un concept de droite ?
L’idée d’identité nationale refait surface en Europe au début des années 2000.
Dans plusieurs pays, suite à des incidents impliquant des militants islamistes (meurtre de T. Van Gogh aux Pays-Bas), des gouvernements décident de créer un ministère de « l’identité nationale ». Cette politique généralement pratiquée par des gouvernement de droite conditionne la naturalisation des immigrés à un effort d’intégration (apprentissage de la langue par exemple). Peu ou mal intégrés les immigrés sont, face au chômage, plus vulnérables.
Pour les partis de gauche le concept même d’identité nationale est donc une idée réactionnaire qui au mieux force les étrangers à abandonner leur identité culturelle, au pire encourage le racisme en Europe. Rappelons que la gauche européenne en général et française en particulier a depuis des années déjà condamner l’idée de nation, assimilée hâtivement à l’extrême droite alors qu’historiquement la nation française, son drapeau tricolore et la Marseillaise furent les produits de la révolution française, révolution universelle et progressiste s’il en fut.
L’identité nationale contre les immigrés ?
En théorie cette politique n’exclut nullement les étrangers, mais les pousse davantage à s’intégrer, c’est à dire à adopter plus vite un minimum de valeurs du pays d’accueil afin d’en devenir pleinement membres. A long terme cette politique n’est donc nullement ségrégative ou raciste, elle tend au contraire à intégrer davantage les étrangers résidant en Europe ou désirant s’y rendre en vidant le bocal communautariste de son eau endogame.
En France le ministère de l’identité nationale a aussi en charge l’intégration des étrangers et le projet de loi de Hortefeux sur l’immigration cherche d’une faon évidente à limiter les entrées mais cherche également à conditionner la nationalité à une connaissance minimum des valeurs de la république.
En effet, en France l’idée d’identité nationale n’est pas liée à une origine ethnique ni au droit du sang (ce qui est généralement le cas dans les pays germaniques et nordiques).
En France l’identité nationale est avant tout républicaine car elle repose depuis la révolution française sur la souveraineté du peuple français dans toutes ses composantes quelque soit l’origine et le lieu de naissance des citoyens. Une et indivisible la république ne saurait faire de différences entre les Français, l’identité nationale française est donc aveugle aux origines des citoyens ethnique, religieuse ou régionale.
L’identité nationale de la France est donc républicaine depuis 1789, démocratique depuis la III° république et sociale depuis le Front Populaire.
Bien des épisodes de l’histoire de France opposent cette identité nationale positive à des menaces réellement étrangères à cette identité : le nazisme raciste ou plus incidemment l’européisme des élites qui menacent régulièrement nos acquis sociaux ou encore la laïcité, fondements positifs de notre identité nationale.
L’identité nationale française c’est la république !
Reposant ni sur le sang ni sur la religion ni sur l’origine l’identité nationale française se confond avec la devise républicaine : liberté des individus, égalité de tous devant la loi et fraternité face aux difficultés.
Si on veut être rigoureux et objectif l’identité nationale française a une réalité car une immense majorité de nos compatriotes sont attachés à la république et à l’indépendance nationale. Si on veut bien laisser de côté le relativisme culturel des gauchistes et autres libéraux-libertaires on peut admettre que les étrangers qui veulent faire leur vie en France doivent, dans leur propre intérêt, s’assimiler à cette identité nationale.
Certes le gouvernement actuel est suspect d’arrières pensées et surtout cherche à utiliser l’épouvantail de l’immigration pour masquer les inégalités sociales et autres affaires, mais il serait exagéré de jeter la défense de l’identité nationale sous prétexte que le sarkozisme récupère et recycle tout et tous comme Guy Mocquet.15:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : identité nationale, république, sarkozy, immigration
17.09.2007
KOUCHNER = GUERRE
Hier B. Kouchner a parlé de « guerre » au sujet de l’Iran.

Alors que l’Iran ne menace aucun pays voisin et est entouré de pays qui possèdent l’arme nucléaire (le Pakistan, Israël…), le ministre français des affaires étrangères, notoirement proche des Sionistes et de G. Bush a suivi fidèlement son maître, N. Sarkozy, qui, a parlé le mois dernier de bombardement possible de l’Iran si ce pays se dotait de l’arme nucléaire.
Depuis le voyage de Sarkozy aux USA cet été la France est candidate au poste d’allié n°1 des USA après l’usure de Blair.
La France, pas plus que l’Europe n’a intérêt à servir d’exécuteur des basses œuvres de G. Bush. Rappelons que même aux USA on redoute et critique une guerre possible avec Téhéran.
Récemment, ce qui reste des ultras qui entourent Bush, pèsent pour revenir à l’alliance américano-sunnite des années 80 qui avait poussé S. Hussein contre l’Iran et Ben Laden contre les Soviétiques… On connaît la suite de l’Histoire.
C’est guidé par un président peu versé dans la conaissance de l'Orient et un ministre proche d’intérêts étrangers à notre pays que nous devons une possible agression injuste.
Déjà la Maison Blanche, Londres et les Pays-Bas soutiennent cette provocation qui a mécontenté l’AIEA en charge du « dossier nucléaire » iranien.
A Téhéran le ministère des affaires étrangères a affirmé que les déclarations de B. Kouchner discréditait la France.
22:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Iran, guerre, Bush, Sarkozy
16.09.2007
Qu'est-ce que le sarkozisme ?
l’impuissance
Passé l’émotion des élections présidentielles, il est temps d’analyser froidement ce qu’est le « sarkozisme ». Les 100 premiers jours de règne du tonitruant Nicolas donnent, à mon sens, le ton du quinquennat.
Au delà des effets d’annonce, des bruits de fond médiatiques et des jérémiades de la prétendue opposition, il est plus que nécessaire de comprendre ce qu’est N. Sarkozy, ce qu’il fera et surtout ce qu’il ne fera pas.
1. Au delà des mots
Sarkozy c’est avant tout une machine à bavarder.
Il a toujours fait ça depuis qu’il est entré en politique : son caractère le porte à utiliser un ton péremptoire et à mal cacher sa nervosité, conséquence d’un esprit complexé et peu cultivé, mais ce constat était surtout valable pour le candidat : très efficace dans la conquête des classes moyennes apeurées et dans l’hypnose des personnes âgées terrifiées par l’insécurité. Aidé par une candidate socialiste complètement nulle et sans intérêt il était relativement facile de gagner avec le soutien massif des grands patrons et des petits artisans, captés par une posture poujado-autoritaire.
Mais tout cela, ce n’était rien que des mots, des phrases, des slogans, une gymnastique médiatique en réaction aux événement de l’actualité.
Qu’en est-il une fois arrivé au sommet du pouvoir ?
Nul aujourd’hui n’ose comparer N. Sarkozy à J. Chirac, les deux hommes se haïssent trop et sont encore trop décalés pour être comparés, mais avec un peu de recul les débuts en fanfare de Sarkozy ressemblent à s’y méprendre à ceux de Chirac en 95. Même dans la conquête du pouvoir les parallèles ne manquent pas : confiscation du parti présidentiel, élimination des concurrents internes, discours populiste et confus, soutien des milieux patronaux… N. Sarkozy n’est que le nouveau PDG du capitalisme français, un gars bien payé et sans subtilité qui est là pour gérer la boutique dans le seul intérêt des actionnaires.
Il hérite d’une France qui a placé de trop grands espoirs en lui : avec une forte participation et un score honorable, Sarkozy est le nouveau Napoléon III, un faux « homme nouveau » chargé de concilier l’inconciliable, de gérer l’ingérable et d’étouffer les problèmes sociaux.
2. le mur de l’impuissance
Très justement inspiré par des transfuges de la galaxie républicaine (H. Gaino, M. Gallo) le candidat Sarkozy s’est taillé un costume de souverainiste accusant la Banque Centrale Européenne de plomber l’économie, l’école d’être incapable d’éduquer les jeunes et la justice de ne pas punir les délinquants, etc… Sans parti à même de parler un autre langage à Monsieur Tout-le-Monde, les gens se sont laissés bercés par ce discours en apparence sensé et autoritaire, c’était oublier naïvement que Sarkozy ministre n’a jamais fait autre chose qu’encourager l’Etat à être incapable : partisan des traités européens qui ligotent la France, il ne peut aujourd’hui faire autre chose que blablater face à une croissance française écrasée par la gestion de l’euro et les taux d’intérêt trop élevés. Son ralliement à l’adhésion de la Turquie à l’Europe (sur injonction américaine) est bien la preuve qu’il n’a aucune parole.
Habile bénéficiaire des émeutes de 2005, il ne sait que faire aujourd’hui face à la multiplication des violences urbaines que sa politique au ministère de l’intérieur n’a nullement limitée.
Militant pour la réduction des déficits il a aussi baissé les impôts (de ses amis millionnaires), dès lors comment concilier les deux objectifs ?
Pour réduire les déficits faut-il appauvrir une éducation nationale déjà mal en point ? Réduire les allocations familiales nécessaires à la natalité ? Embaucher moins de policiers ? Réduire la protection sociale en mécontentant les millions de vieux qui ont aussi peur de Ben Laden que d’Alzeimer ?
Coincé entre une société vieillissante en quête de sécurité sociale et légale et des traités européens qu’il encourage, Sarkozy ne fait, comme Chirac, que se perdre dans la soumission aveugle aux grandes puissances capitalistes, tout en aggravant son cas en s’affichant avec Bush. Sans doute espère-t-il que des attentats ou une guerre contre l’Iran repousse l’heure des comptes…
3. Concrètement
Très concrètement il va cumuler les « réformettes » sans grand intérêt, c’est à dire souvent aligner par le bas quelques acquis sociaux (régimes dits « spéciaux ») en appauvrissant encore un peu plus les classes moyennes tout en laissant une minorité d’oligarque capter les richesses. Autrement dit s’en prendre aux petits avantages pour encourager les gros privilèges.
Pour le reste, les petites économies trouvées ici et là n’arriveront pas à réduire les déficits qui trouvent leur cause non dans la mauvaise gestion étatique de l’économie, mais bien dans le chômage, la fraude, les taux d’intérêt trop élevés et l’énormité des dépenses de santé qui bénéficient d’abord à la France du 3° et 4° âge.
Payé pour ça et entouré de conseillers subventionnés et lèche-botte, il tentera de généraliser la précarité et les faibles salaires pour rendre l’économie française plus « compétitive », mais ce nouvel appauvrissement des gens ne réussira pas à compenser les taux d’intérêt trop élevés ou l’euro surévalué, les exportations françaises resteront à la traîne tandis que les revenus se tasseront irrémédiablement. Son idée de liquider les « rentes de situations » (pharmaciens et taxis par exemple) retournera contre lui les clientèles courantes de la droite. A part le surendettement quelle issue pour les travailleurs ? Le suicide ?
Avec une croissance bridée par l’Europe et les crises boursières américaines Sarkozy imitera Mitterrand et Chirac en combinant tous les jours des petits complots minables pour piéger les opposants du moment. Le pro-américanisme et la médiocrité de Royal ont déjà rallié à lui Kouchner et Besson. Leur sionisme commun a fait de Strauss-Kahn un nouvel agent des américains au FMI… Et après ?
Tout cela peut durer, vu la dépolitisation de la société, mais jusqu’à quand ?
- - -
La France d’après sera comme celle d’avant : forte avec les faibles et faible avec les forts. Moitié Berlusconi, moitié Blair, Sarkozy n’apportera et ne résoudra rien, tout au plus aggravera-t-il son cas en participant à une guerre contre l’Iran, sans doute en la perdant.
Les seules très faibles marges de manœuvres dont il dispose, il n’en fait rien : c’est le cas de la « TVA sociale », bonne idée et bel outil si l’Etat garantit son application, mais croire que Sarkozy peut utiliser l’Etat à quelque chose de social, c’est penser qu’un cleptomane peut devenir un exemplaire vigile.
A bon entendeur…
15:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, politique, sexe
26.05.2007
1995, 2005 : la parenthèse enchantée
1995-2005 LA PARENTHESE ECHANTEE
- Des hirondelles mais pas de printemps.
Avec le recul il est évident que le mouvement social de l’hiver 1995 a été l’origine d’un vaste mouvement de contestation des classes dominantes en France et en Europe.
Bien sûr, le ver était déjà dans la pomme : face aux « audaces réformatrices » des libéraux seuls des syndicats corporatistes et coupés des réalités se sont mobilisés contre le fait que les élus reprenaient la main dans la gestion de la sécurité sociale. Sur le papier, rien de bien choquant, mais une volonté de la part des oligarques plus libéraux que jamais de gérer une éventuelle privatisation de l’un des plus remarquables acquis social du siècle. Privatisation qui est toujours dans les cartons d’ailleurs.
En face, nulle organisation révolutionnaire, mais une coalition de syndicats enfoncés depuis des décennies dans la cogestion de la Sécu, devenue pour eux une véritable banque et un réservoir de prébendes. Rappelons que les principaux syndicats représentent moins de 10 % des salariés de pays et essentiellement des fonctionnaires et des retraités…
Logiquement, cette lutte des conservateurs contre les libéraux aurait dû ennuyer les gens ordinaires habitués à la thématique du « trou » de la Sécu[1]. Or, contre toute attente l’opinion est plutôt derrière les syndicats et les manifs réunissent des semaines durant des centaines de milliers de gens en plein hiver. L’apathie logique du PS et l’attitude patronale de la CFDT n’y changent rien. Quelque chose s’est passée dans l’opinion. Mais quoi ?
Pour mieux comprendre il faut revenir aux présidentielles précédentes : en 1988 Mitterrand s’impose facilement mais son discours n’a plus rien de commun avec celui de 1981. La force tranquille du début de la décennie s’est métamorphosée en souverain louis-quartorzien qui verra son second et très long septennat multiplier les affaires, les scandales, les cadavres exquis et autres révélations sur son passé. Pour Monsieur Moyen, les comptes sont bons : la gauche a trahi espérances et luttes sociales. Il est temps de se contester.
Le référendum sur le traité de Maastricht en 1992 sera un premier et très sérieux avertissement : le traité est adopté avec tout juste 51 % des voix, les classes populaires qui encaissent les coups depuis le tournant libéral de 1983 ne suivent plus.
Aux présidentielles de 1995 Chirac réussit facilement à battre Balladur qui incarnait un libéralisme cravaté mais sans pitié, à l’image de son bras droit… N. Sarkozy ! Aujourd’hui on peine à croire que Chirac ait pu ainsi refaire le coup de Mitterrand en 95, mais il faut rappeler que dans la décennie 80 toutes les organisations politiques se sont décomposées : face aux discours de la France d’en Haut, plus aucun inconscient militant n’était à même de proposer autre chose. C’est dans cette brèche ouverte que s’est engouffré Chirac et dans une moindre mesure Le Pen. En pleine décomposition / recomposition la pensée de gauche n’a cessé de reculé sur fond de généralisation de la société de consommation (endettement, indivisualisme, libre-échange).
Dans une confusion générale très bien décrite par le premier roman de M. Houellebecq (Extension du domaine de la lutte publié précisément en 1995) la population a commencé à sentir le poids du libéralisme sans pour autant savoir pour qui voter, d’où une popularité surprenante pour Chirac ou Le Pen et dans une moindre mesure Jospin.
Finalement bêtement libéral et pas très fin, Chirac se met à dos le pays avec son plan Juppé qui fait l’unanimité contre lui.
Ruiné politiquement Chirac fait l’erreur de dissoudre l’assemblée et perd de façon retentissante les législatives : la « gauche plurielle », bénéficiant de la même mémoire courte de l’opinion fait… la même politique ! Un mélange sordide de « on n’y peut rien », de privatisations et autres interventions impérialistes (guerre contre la Yougoslavie en 99).
Le 21 avril 2002 vient remettre les pendules à zéro.
- Les extrêmes : des masques vides
Electoralement les partis antisystèmes ont recueilli des scores énormes en 95 et 2002 : en 95 le PC et les extrêmes gauches dépassent les 10 % et les 13 % en 2002. Même succès apparent pour le FN qui malgré ses divisions internes s’élève à plus de 15 % des voix.
De 2002 à 2005 des mouvements sociaux viennent lutter contre la réforme des retraites ou encore le CPE, deux « réformes » destinées à détourner le fruit du travail vers les possédants de toutes sortes.
En 2005 le référendum sur le traité de Maastricht bis est rejeté sans nuance par l’opinion.
Et, on connaît la suite en 2007. Pourquoi un tel vote contradictoire ?
A dire vrai c’est toujours la même histoire qui se répète sans qu’aucune alternative ne vienne positiver la colère des gens.
Agités par des idées complètement aberrantes, les extrêmes capitalisent des votes uniquement protestataires. Malgré des décennies de fidélités électorales les partis en question (du FN à la LCR) ne réussissent nullement à dépasser leurs vieilles identités flétries. Derrière un racisme mal assumé, le FN cultive une haine des services publics et des obsessions anti-fiscales qui en font plus un club de petits bourgeois frustrés qu’un réel parti populaire. Quand à la « gauche de la gauche » le réflexe de rallier le PS à chaque second tour évite toute autonomie politique et surtout entretient des divisions et des dogmes complètement anachroniques. Ainsi sur la colonisation ou les banlieues, les gauchistes de toutes tendances sont tombés dans les pièges tendus par la pensée dominante : en défendant les filles voilées par anti-colonialisme et anti-racisme la LCR n’a guère défendu les valeurs chères aux travailleurs. Quand à LO, en restant favorable à toute forme d’Europe par anti-nationalisme elle a généralisé la confusion au sujet de la mondialisation.
Animés par des militants de plus en plus âgés, uniquement fonctionnaires, incapables de parler au nouveau prolétariat la « gauche de la gauche » s’est enfoncée dans un mélange incohérent et insensé d’écologie, de féminisme et de jeunisme si bien analysé par A. Soral. Dés lors 2007 devait sanctionner les cinq candidats (pas moins !) se référant de près ou de loin à cette famille politique.
Tels des masques les extrêmes pouvaient faire peur (comme Le Pen au second tour de 2002) mais derrière le masque que trouvait-on ? Rien.
L’exemple le plus typique est celui d’ATTAC (fondée en 97) qui a tenté de proposer des solutions originales sur fond de mondialisation. L’idée d’une taxe Tobin pour réformiste qu’elle soit n’en est pas moins positive et permettrait de taxer le capital pour financer des services publics. Mais en interne tous les courants gauchistes n’ont réussi qu’à se chamailler sans répit pour gérer la caisse…
Révulsés par l’Eglise catholique au Moyen-Âge bien des gens se révoltèrent, mais pour aboutir à quoi ? Des hérésies encore plus nuisibles pour les masses et des idées plus fausses encore que les bulles des papes ! L’extrême gauche comme l’extrême-droite c’est la même chose : des militants qui ont des mœurs religieuses, des dogmes faussés à force d’être caricaturés et une influence finalement complètement marginale sur la réalité. Qui lit Rouge ? Qui lit Français D’abord ?
- Bayrou, sauve-nous !
Ainsi la victoire du NON le 19 mai 2005 ne fut que la défaite des oligarques usés par leur propre gestion et non un début de révolution. Même chose en 1997 ou en 2002. Diffuse et confuse la colère populaire est aussi violente que dépourvu de cadres et de sens.
Comme la révolution française fut à la fois l’extermination des nobles et l’interdiction du droit de grève, la mondialisation c’est à la fois plus de progrès et plus de précarité. Avant que l’Histoire ne fasse les comptes les gens souffrent et jouissent sans réaliser d’où viennent les coups et les fleurs car durant toute la période la dépolitisation s’est poursuivie. Dès lors nul ne sait plus qui défend quoi ?
Qui se préoccupe de l’environnement ? Qui luttera réellement contre le chômage ? Qui cassera la petite délinquance ? A la fois tout le monde et bien entendu personne.
Alors que les questions cruciales (traités européens, services publics, vieillissement) n’ont jamais été abordées durant les campagnes de 95, 2002 et 2007 le débat s’est cristallisé sur des détails sans intérêt comme la personnalité de Sarkozy.
Ecrasées entre la généralisation des pauvretés et l’enrichissement inouï des plus riches les classes moyennes sont devenues proto fascistes. Face à des années de travail et d’épargne, tout est permis pour éviter de sombrer : surendettement, haine des impôts, lutte les places, etc. La fuite en avant dans l’égoïsme est générale et surtout sans espoir autre que l’allégement des droits de succession. De l’appauvrissement général on espère la richesse individuelle. Mais, à la décharge des classes moyennes, ce n’est pas elles qui ont commencés à faire n’importe quoi. Le poisson a pourrit par la tête et leurs représentants historiques ont été à l’origine de la situation actuelle. Dès lors, face à un discours calibré pour berner les naïfs et les révoltés, Sarkozy et sa petite troupe de ralliés sont bien à même de réunifier la droite française sur fond de consensus néo-conservateur. Autrement dit : soumission aux multinationales et aux Etats-Unis, gesticulation sécuritaire en interne et morale de cafards pour rassurer les classes populaires complètement délaissées par la gauche.
La parenthèse s’est donc refermé : les possédants ont mis 10 ans à se réorganiser et à se réarmer face à l’incurie des organisations de « gauche » finalement très intégrées au système. Dès lors aux côtés (et non face) à Sarkozy on aura non plus une alternative mais une génération de petits Bayrou qui, sans déroger au consensus, se présenteront comme Sarkozy s’est présenté en 2007 : en petit chef moitié macro moitié écolo…
08:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 1995, 2005, politique, Sarkozy
06.05.2007
POURQUOI SARKOZY ?
POURQUOI SARKOZY ?
Promenade au milieu des ruines
1. La France pourrit
Difficile pour nous de poser un regard lucide sur la victoire « facile » de N. Sarkozy. Nous qui avons toujours tenté de ne pas tomber dans les pièges de la politique spectacle nous avions cru déceler une certaine indépendance, une relative lucidité chez les Français. Il n’en est, visiblement, rien.
Comment en est-on arrivé ?
Comment ce vieux pays, producteur de 1789 et de 1936, de la Résistance et de la république a-t-il pu se donner si facilement à un personnage dont l’arrogance n’égale que la servilité vis-à-vis des Etats-Unis ?
La réponse est un peu dans la question : la France de de Gaulle et de Robespierre c’est aussi celle des Chouans et de l’OAS, des gens sincères qui se trompent de colère… Chez nous comme ailleurs le meilleur ne s’écarte jamais longtemps du pire.
Malgré notre attention nous avons sans doute sous-estimé le pourrissement du corps social : si certains musulmans deviennent islamistes, pourquoi certains français ne deviendraient-ils pas sarkozistes ?
Jamais les classes sociales n’ont été aussi impitoyables entre elles. Voyoucratie toute puissante en banlieue et barons voleurs capitalistes pressurent la France qui bosse, celle qui passe au guichet tout le temps, celle qui a fait des études et qui ne peut ou ne veut tricher. Or, ces classes moyennes en plein désarroi ne forment nullement une classe sociale homogène : elles produisent, elles aussi, leurs Bernard Tapie à « droite » et leurs assistés professionnels à « gauche ». En interne ces millions de Monsieur Moyen on entamé une guerre civile froide poliment appelé « concurrence » et « compétitivité ».
Pour cause de traités européens (nullement remis en cause) les classes moyennes coincées entre la violence des racailles et la tyrannie du CAC 40 sont devenues cannibales : depuis les années 80 la vague du divorce de « confort » en a ruiné un gros pourcentage, ensuite le chômage a renforcé cette angoisse, pour finir le sous-emploi écrasant des jeunes a achevé le processus de pourrissement. Les gens qui avaient tout gagné dans les années 60-70 se retrouvent tout nu dans l’isoloir. Certes, ils ont tenté de résisté en préférant le Chirac de la « fracture sociale » à Balladur en 95, ils ont voté massivement pour la gauche en 97, même chose aux régionales en 2004, même témérité au référendum sur la constitution européenne. Et après ? Leur situation instable s’est-elle durablement améliorée ? La délinquance qui pourrit leur quotidien a-t-elle été réduite ? Leur entreprise est-elle moins soumise aux actionnaires ? Non. La situation reste pourrie, l’avenir sombre.
Dès lors pourquoi Sarkozy ?
Ce politicien verbeux est la caricature parfaite de ce qui leur pourrit la vie. Fort avec les faibles, faible avec les forts, arrogants avec les petits, dégoulinant avec les puissant… On croirait un personnage de dessin animé.
Pour comprendre ce paradoxe il faut se replonger dans les romans naturalistes du XIX°s qui décrivent avec génie cette mentalité petite-bourgeoise : en cas de problème les classes moyennes préfèrent déclencher une guerre civile plutôt que de tenter une révolution. Programmées dès l’origine pour travailler et posséder un patrimoine plus gros que celui du voisin, toute réforme sociale est vue comme une menace, et, plus par mimétisme que par conviction (elles n’en n’ont pas) elles préfèrent s’identifier au sommet plutôt que regarder en bas. C’est pour cela que les petits artisans se mettent à leur compte en rêvant de faire fortune. En promettant une baisse des charges, des impôts et de la délinquance Sarkozy, porté par un martelage médiatique inouï, ne pouvait que provoquer un vote en sa faveur.
Mais il n’y a pas que les classes moyennes qui pourrissent, les classes populaires n’en finissent pas de pourrir, elles aussi. Les émeutes en banlieue en 2005 ont montré à quel point l’Etat ne pouvait rien faire de sérieux dans ces espaces de relégation. Une partie des impôts payés par les salariés alimentent des « aides sociales » qui, finalement, encouragent les pires parasites sociaux à le rester. Là aussi, un discours d’autorité (comparable à celui du FN) ne pouvait que provoquer une certaine popularité.
2. La France vieillit
Question toujours écartée par les médias : le vieillissement de la population.
Traumatisée par la violence sociale des années 80 les gens ont cessé de faire des enfants, en tout cas ils en font bien moins qu’après la guerre d’où un vieillissement accéléré de la population pour cause de départ à la retraite des enfants du baby boom…
Des départements et des villes entières se trouvent peuplées de « vieux » qui ont passé leur vie à cultiver cette mentalité petite bourgeoise qui, à la retraite, se transforme en terreur de tout et de rien. Immigration, jeunesse, inondations et canicules font un cocktail qui pousse, là aussi, à un vote qui se présente comme protecteur. Sarkozy réalise ses scores les plus énormes chez les personnes âgées, qui, soyons honnêtes, ne portent pas en elle l’avenir du pays. A l’inverse, les plus jeunes, ceux qui ont encore le temps de se résigner, rejettent catégoriquement l’ami des puissants.
Contre la Commune en 1870, pour Pétain en 1940, pour Sarkozy en 2007 les classes moyennes en crise ou vieillissantes n’ayant que leur égoïsme et leur fantasmes comme boussoles ont, une fois de plus, tenter de lier leur sort à quelqu’un qui, objectivement, se moque totalement d’eux et de leurs souhaits vu que les décisions se prennent ailleurs. Une fois arrivé au sommet il tentera tout, absolument tout, pour y rester…
3. Vous avez dit opposition ?
L’autre grande cause de la victoire de Sarkozy est l’absence d’opposition crédible.
Alors que le PS avait un boulevard pour l’emporter après plus de 10 ans de chiraquisme et devant les amitiés pro américaines et sionistes de Sarkozy, le principal parti de « gauche » est resté prisonnier de sa tour d’ivoire. Lui aussi a fait n’importe quoi aux affaires, lui aussi se veut proche d’Israël… Incapable de revenir sur ses choix comme le OUI à la constitution européenne, incapable aussi de faire le ménage dans Mai 68… Animé par des politiciens qui sont complètement coupés de la réalité sociale, le PS a plébiscité, en interne, la candidate la plus en marge du système, c’était oublier un peu vite son CV qui, lui non plus, n’a strictement rien de populaire. Tous ex ministres de Mitterrand les candidats à la candidature ont rivalisé de conformisme et de démagogie pour séduire quelques milliers d’encartés tous plus ambitieux et naïfs les uns que les autres.
Ensuite S. Royal est resté cette dame patronnesse de province, à mi chemin entre Paris-Match et l’église des beaux quartiers, un peu comme ces artistes contemporaines qui ne sont de gauche que parce que la place était prise à droite.
Certes elle a doublé le nombre de voix du PS par rapport à 2002, mais seul l’effet 21 avril a joué en sa faveur, toutes les « idées » avancées sont du vent et disparaissent les unes après les autres. A part un sparadrap vaguement social sur la tumeur libérale la gauche ne proposait rien de positif. Ni taxe Tobin, ni renégociation des traités européens et surtout pas un protectionnisme (même européen).
De plus, le score de Royal le 22 avril a été dopé par les voix apeurées des bobos qui ont laissé tombé comme des crottes leurs candidats protestataires préférés.
On peut critiquer (non sans raisons) ATTAC et la mouvance altermondialiste, il y avait tout de même une carte électorale à jouer à « la gauche de la gauche ». Une sorte de Linkpartei à l’allemande aurait pu éventuellement faire pression dans le bon sens, mais non, les révolutionnaires de salon, à la tête de partis squelettiques ont préféré présenter pas moins de quatre candidats[1] !
Pire encore tous ces candidats ont rallié ventre à terre Royal moins d’une heure après les premiers résultats. Dès lors, pourquoi donc voter encore pour cette gauche « révolutionnaire » puisqu’elle ne sert qu’à rallier un des partis responsable de la misère sociale ?
Si on rajoute à cette caravane hétéroclite des éléments « centristes » on aboutit à une sorte de grande coalition comme à Rome ou Berlin où des pro de la com et du marketing voient l’inondation libérale sinistrer le pays sans rien faire sinon de la figuration. C’était ça la gauche plurielle.
La tendance « tout sauf Sarkozy » sert peut-être à mobiliser contre le candidat le plus dangereux, mais ça revient aussi à abandonner le débat d’idée et le combat politique. On retrouve l’absence totale de perspectives du second tour de 2002 quand des millions de gens n’ont pas voté « pour » mais tout simplement « contre ».
Le FN, qui incarne pour certains la seule vraie opposition, a aussi une lourde responsabilité dans cette victoire de l’anti-France : en polluant de débat depuis plus de 20 ans en attaquant, lui aussi, le modèle social français[2], il a préparé les esprits étroits et désespérés à voter pour Sarkozy, seul candidat capable d’appliquer une partie du programme…
Après avoir été créé par Mitterrand pour casser en deux la droite, voilà que le FN se prépare à disparaître de l’Histoire avec son fondateur en rendant aux aristos ses brebis égarées…
Il reste un mot à dire de la galaxie républicaine. Comme c’était prévisible la plupart des personnalités de cette tendance sont passés au comptoir : Chevènement a rallié Royal sans rien obtenir, Gallo et Guaino sont devenus des sarkozistes de la dernière minute, un peu en avance par rapport à N. Dupont-Aignan qui vend pour un plat de lentilles sa ridicule clientèle… Seul le Comité Valmy fait face en ne donnant aucune consigne de vote aux deux tours.
4. La France d’après sera comme celle d’avant
Si on en juge par son parcours et ses déclarations Sarkozy fera à peu près n’importe quoi. Le pire est à craindre bien sûr. C’est évident, mais le pire dure depuis déjà presque 20 ans et aucune mobilisation n’a réussi à venir à bout des coups de la mondialisation.
Plus vraisemblablement comme Aznar ou Berlusconi, comme Blair et Merkel il ne fera pas grand-chose sinon laisser le Marché continuer de régir nos vies, nos rêves, notre avenir. Les supermarchés seront le paradis dont la précarité est l’enfer. Les acquis sociaux imposées par la résistance après la guerre vont continuer de fondre sur fond de grogne syndicale sans perspective sinon trahir encore et toujours la base.
Certes il « réformera » des tas de choses, mais sans doute ni plus ni moins que Jospin et Raffarin, il nous imposera de nouveaux traités européens auxquels applaudira la gauche, il laissera les banlieues croupir entre deux opérations de police médiatisées, etc. Si ça ne suffit pas il ralliera la « guerre contre le terrorisme » de G. Bush et remplacera Le Pen par Ben Laden dans l’imaginaire des millions d’électeurs incultes.
Les décisions cruciales ne se prennent plus entre deux maîtresses à l’Elysée, c’est dans les couloirs de Pékin, Washington ou Bruxelles que se décident les choses. Comme les maîtres du monde aiment bien Sarkozy, comme ils l’ont financé, ils vont faire semblant de l’écouter, mais pour les marchés les élections sont des non évènements, ne contrôlant plus notre économie, la monnaie et les taux d’intérêt, Sarkozy et ses petits copains seront réduits à débattre sur le mariage gay et des manuels d’histoire. Même les dates de la chasse leur échappent…
En travaillant comme des ânes et cela de plus en plus longtemps, peut-être les Français pourvus d’un emploi pourront-ils éviter la pauvreté. La France tentera de développer ses services, c'est-à-dire essentiellement des emplois soumis à la concurrence des immigrés et aux pays à bas salaires.
Pour donner le change et frimer, les classes moyennes seront insidieusement incitées à s’endetter encore et toujours afin de continuer à ne pas sombrer. Electeurs déçus de Sarkozy elles s’agiteront encore plusieurs fois, mais percluses de dettes (prêt à 50 ans, crédits à la consommation) elles seront forcées de se taire et bosser encore et toujours non plus pour épargner, mais pour engraisser banquiers et usuriers new look, eux-mêmes amis personnels du président.
La France d’après sera donc comme celle d’avant : les petits se tairont ou s’en prendront à plus faibles qu’eux, les riches rigoleront du haut de leurs bénéfices énormes et les classes intermédiaires nageront en pleine schizophrénie.
Au milieu d’une Europe livrée aux capitalistes de tous poils, sectes et CFDT de tous ordres prospéreront sur le business de la charité et de la duplicité.
Heureusement l’histoire continue et le monde est vaste car dans la longue nuit qui vient de tomber sur nous rayonneront encore quelques lumières comme Chavez.
20:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, président, bush
02.05.2007
La France d’après...
La France louis-sarkozienne
La réalité dépassera la fiction
En politique, rien n’est méprisable. Disraeli
Bien sûr le personnage ridicule de N. Sarkozy se prête plus à ce texte que S. Royal, mais quelque soit le résultat du 6 mai la réalité imaginée sera largement comparable. Malheureusement.
Que faut-il redouter chez N. Sarkozy ? Difficile de répondre, comme le dit son slogan digne d’une agence bancaire de province « tout est possible », surtout le pire.
A dire vrai, son électorat fait songer au fascisme italien des années 1920 : un mélange hétéroclite d’imbéciles heureux, de bourgeois libéraux avides et d’une masse de retraités qui ne servent plus à rien, qui ont peur de tout et dont la seule préoccupation est de se friper au soleil. On est tout de même loin des anciens combattants de la première guerre mondiale assassinant les militants de gauche ! Avec le fascisme italien il y avait au moins le culte de l’Etat, avec N. Sarkozy on aura un mélange de Berlusconi et de Blair avec un zeste de Bush pour la politique étrangère. Ça nous promet un humour très digne des années 50, surtout si les médias restent ces trucs serviles et puants. Gageons que N. Sarkozy fera un effort sur les costumes, ses gros nœuds de cravate vont mal vieillir… Sans pouvoir réel car volontairement soumis aux traités européens (qu’il renforcera) le président Sarkozy régnera comme Louis XIV sur sa cour : c'est-à-dire du haut de ses talonnettes et en triant sur le volet une masse de courtisans aussi infects que lui.
JUSTE L’ORDRE


