27.10.2006

QUI allume les incendies en banlieues ?

Il faudra bien un jour étudier le rôle des media dans les émeutes de banlieues.

Même si la situation sociale constitue le baril de poudre et un incident de plus l'allumette, il faudra bien savoir qui tient la mèche...

Depuis les violences de 2005 on sait que la situation n'a pas changé et, bien pire, très régulièrement les media ont agité la menace d'un nouveau round entre les jeunes et les policiers.

Dernière tentative : le dernier 31 décembre. Echec, mais toutes les télés et toutes les radios avaient quasiment donné rendez-vous aux jeunes sur les Champ Elysées. Le but ? Epouvanter le citoyen de base devant sa télé et servir une tribune de plus au cynique ministre de l'intérieur.

Et aujourd'hui ?

Même chose : alors que des émissions spéciales vont rappeler le premier anniversaire des émeutes, la télé prépare le terrain à une nouvelle série de saccages. Les agressions de policiers, les incendies de bus sont des incidents scandaleux mais isolés et circonstanciés... Pourquoi en parler en "une" sinon pour inciter la bande rivale à faire "mieux" ?

Le but est clair : chacun doit remplir un rôle dans le contrôle social. Les policiers au lieu de manifester contre leurs moyens ridicules sont incités à se comporter en cow-boys et en vengeurs, quant aux jeunes on préfère les voir se comporter en vandales (ou en violeurs) plutôt qu'en citoyens en colère.

Du coup, les puissants (politiciens libéraux, bourgeois, media, capitalistes...) sont totalement épargnés par la la violence et en sortent même blanchis. Très objectivement, les fonctionnaires de police (à peine moins pauvres que les racailles) sont les vigiles des centre-villes où se concentrent richesse et pouvoir.

Le plus est-il l'ennemi du mieux ? A force de servir ces salades aux Français peut-être la vomiront-ils, peut-être Sark sortira éclaboussé de cette médiatisation ridicule. Peut-être verra-t-on que les faits sont têtus et que le bilan de Sarkozy est nul en matière de sécurité.