16.08.2009

La franc-maçonnerie au XXI°s

Par les temps troublés qui sont les nôtres la franc-maçonnerie fait souvent figure d'épouvantail ou de repère moral. Répétition générale du futur « gouvernement mondial » ou réseau progressistes discret, la franc-maçonnerie n'en finit par d'agiter périodiquement imaginations et publications en quête de sensationnel à peu de frais.
En de début de XXI°s il est bon de faire le point sur ce réseau de réseaux qui irrigue le monde entier de bons sentiments qui peuvent pourtant parfois cacher... autre chose.

 

masonicpagefront.jpg

La suite :

http://quefaire.e-monsite.com/rubrique,la-franc-maconneri...


22.02.2008

le trotskisme cet inconnu

MISE AU POINT SUR LE TROTSKISME.

b940bc2d277080a126a65f6f7eee45cf.jpg

A dire vrai toute notre génération et plus encore celle de nos aînés a été bercée par les références au trotskisme. Bagarres homériques de la LCR dans les années 70, influence sourde des " lambertos " dans les syndicats, happening électoral d’" Arlette " dès 95… Les surgeons de Léon ne manquèrent jamais d’animer le débat politique à la " gauche de la gauche ".

 

Alors que j’avais fait un bref passage au Parti des Travailleurs (dirigé par des Lambertistes) on me demanda un jour si j’étais " trotskiste ". A cette simple question je fus bien obligé de répondre que, pour moi, le trotskisme n’existait pas. Et devant la perplexité de mes interlocuteurs je tenté la démonstration suivante :

le trotskisme....doc

 

29.12.2007

La question environnementale et le capitalisme

Vers une nouvelle économie verte ?  

 I.                   L’environnement nouveau déterminisme de la politique ?

Il faut remonter aux années 1990 pour voir fleurir les questions environnementales. De cette période date la naissance des premiers produits « verts », écologiques, recyclables ou dits non polluants. Le sommet onusien « de la terre » à Rio de Janeiro de 1992 marque une prise de conscience mondiale des menaces sur notre planète.

Cette nouvelle question environnementale soulevée dans les années 70 par les premiers écologistes se décline dans de multiples sous-questions : effet de serre, nucléaire, pollutions, rareté du pétrole, énergies renouvelables, etc.

Mise à part le remplacement des CFC dans les aérosols (dont la dangerosité sur la couche d’ozone est encore discutée) l’écologie marque en fait peu de points. La baisse relative des prix du pétrole après la première guerre du Golf remise même ces questions qui alimentent tout de même des partis « écolos » vite intégrés dans le jeu politicien, c'est-à-dire essentiellement comme faux-nez de la gauche occidentale qui cherche à oublier la lutte des classes après la fin de l’URSS. L’écologie devient un gadget de plus des socio-démocrates.

l'intégrale du texte est ici : http://que-faire.info/Principal/0712%20Environnement.htm#...

 

11.12.2007

S A R K O Z Y, 6 mois après

S A R K O Z Y

par les people, pour les people

             « Nicolas Sarkozy est avant tout un personnage ridicule, il ne devrait pas dépasser les 15 % ». C’est ce que disait de démographe E. Todd avant le premier tour de la présidentielle[1]. Amalgamant Royal et Sarkozy en les accusant d’être des « candidats du vide » il était dans le vrai, mais force est de constater que ces candidats officiels ont largement dépassé le score que leurs discours mensongers méritaient, et, plus encore que la volaille socialiste Sarkozy a réussi à s’imposer dans l’opinion, dépassant les 5 % de Français financièrement intéressés à son programme… Minorité immédiatement récompensée dès juillet ! 

            Cette réussite aussi surprenante que tragique pour le pays a déjà été analysée : la petite bourgeoisie vieillissante, menacée dans sa propriété, s’est laissé rassurer par les postures effectivement ridicules de l’ami Ricoré des grands patrons. Usant et abusant de « l’insécurité », des « privilèges » de la fonction publique et d’un égoïsme héroïque (« travaillez plus pour gagner plus ») il a amalgamé derrière lui des intérêts et des clientèles complètement contradictoires et fort volatiles. Six mois après sa victoire le vernis craque et les problèmes sont plus béants que jamais : Comment réduire les dépenses publiques tout en assurant des services à son électorat très âgé ?

Comment lutter contre la délinquance sans restaurer l’Etat ?

Comment éviter le cancer de la précarité en liquidant le code du travail ?

Comment relancer la croissance sans remettre en cause les traités européens ?  

Pour éviter d’assumer ces questions cruciales toutes les manipulations sont bonnes…

  1. Progrès

 

Le début du quinquennat de Sarkozy marque avant tout un progrès dans l’affirmation d’un gouvernement ouvertement oligarchique. Sur le plan strictement politicien « l’ouverture » aux socialistes qui pensent comme lui rend plus visible une vérité mal cachée jadis : le consensus des élites derrière les traités européens, le sionisme et l’atlantisme. Avec des degrés variables les responsables politiques communient dans un meilleur des mondes oligarchique qui réserve à eux-mêmes et à leurs enfants  prébendes, postes et paillettes.

Cet état de fait n’est pas une nouveauté, les « ouvertures » de Giscard et Mitterrand avaient le même but : créer un parti unique centriste d’apparence qui se survivrait à lui-même sur fond de libéralisme euro-américain. Querelles d’hommes et luttes sociales en décidèrent autrement, mais aujourd’hui jamais cette mouvance mondialiste et libérale n’a été aussi soudée derrière des intérêts énormes et leur gestionnaire désigné car chaque « réforme » alimente un secteur du capitalisme (retraites, écoles et assurances santé privées, etc.).

Sur le plan international le sionisme de la nouvelle équipe gouvernementale ne fait aucun doute : Strauss-Kahn au FMI, Kouchner aux affaires étrangères et Sarkozy aux Etats-Unis, voilà une belle brochette de non alignés ! Les discours inutilement menaçants sur l’Iran[2] n’ont pas d’autres sources que cette atmosphère néo-conservatrice qui, sur le point de se dissiper quelque peu aux USA, vient polluer le pays du général de Gaulle.

Pro-américain sur la scène mondiale Sarkozy ne pouvait être autre chose que pro-européen en Europe. Le changement d’échelle géographique ne changeant pas l’échelle des valeurs. Pour Sarkozy et ses conseillers la France n’a plus vraiment de réalité : elle ne peut être qu’un secteur du grand marché unique européen et une province touristique pittoresque pour nouveaux riches. Le retour de la constitution européenne imposée et acceptée uniquement par « la France d’en haut » est aussi peu démocratique que peu surprenante. Là aussi, sans surprise, tous les politiciens de l’UMPS ne font qu’un derrière cet affront au vote des Français. Ces oligarques se pensent au pire comme des aristocrates, au mieux comme des maires qui gèrent la forme et se profitent du fond.

Avec une obstination proportionnelle à son inculture le nouveau président laisse donc le marché et ses « experts » adapter les Français au nouvel ordre international où la valeur de l’euro et les taux d’intérêts (décidés par la BCE) ne peuvent que réduire les salaires et les acquis sociaux. Là aussi on est davantage dans les progrès d’un processus lancé par la « gauche » que dans la rupture qui, concernant notre ridicule personnage, ne sera que conjugale.

Les grèves assez importantes d’octobre et novembre 2007 signalent une exaspération légitime de salariés menacés par les directives européennes mais qui ne sauraient constituer une riposte efficace et constructive au sarkozisme : attachés uniquement à leurs acquis ces salariés souhaitent davantage un statu quo qu’un mouvement qui associerait éventuellement les millions de Français plus précaires, exploités et dupés qu’eux.

Redoutant un mai 68 rampant, c’est à dire une série de désordres et de mouvements sociaux sans tête ni syndicats à stipendier avec l’argent du MEDEF, la présidence se retrouve obligée de faire mousser des interlocuteurs plus faciles à manipuler que la foule, c’est pourquoi la CGT est apparue comme LE syndicat partenaire des « réformes ».

Mais sans croissance, ligoté par la BCE et face aux espoirs soulevés, voilà notre ersatz de Napoléon au cœur de ses propres contradictions.

 

 

 

  2. Le petit père des people

 

Aidé par une opposition très largement ralliée au consensus euro-libéral et soutenu indirectement par des partis protestataires assez médiocres, Sarkozy peut tenir encore longtemps.

Comme Mitterrand et Chirac avant lui il ne va cesser de perdre des points de popularité et des élections secondaires, mais il restera le chef d’orchestre des clientèles de la droite tout en bénéficiant du soutien obscène des « 200 familles ».

Assis sans pudeur en haut du mur de l’argent il tirera sans vergogne les ficelles de la politique politicienne en préférant tenir que courir.

Peut-être plus que ses prédécesseurs il utilise sans retenue les media de masse détenus opportunément par ses amis du CAC 40.

Ministres sans personnalité, visites surprises là où il n’a rien à faire, discours creux mais bien dits (voir ses « propositions » sur le pouvoir d’achat à la fois tardives et creuses)… Les élites ne manquent pas de ficelles pour tromper le peuple alors qu’elles préfèrent le people. Et si cela ne suffit pas la « menace terroriste » (corse, islamiste ou autres…) ou même une guerre contre l’axe du mal saura hypnotiser au delà du troisième âge.

En attendant il fait de la surenchère dans la « victimologie » : il verse quelques larmes de crocodiles sur mille et une victimes (infirmières bulgares, otages, anonymes assassinés, policiers blessés…) en bon bonimenteur télévisuel.

Si ces combines assez minables sont les armes coutumières de l’oligarchie, le vide de l’opposition est plus grave et plus déprimant.

Les dirigeants politiques gravitent et évoluent dans une même marre que décrit Le Canard Enchaîné qui, sans révéler l’ampleur de leur cynisme, montre par petites touches comment vivent nos dirigeants. Quelle différence entre les chefs du PS et de l’UMP ? Absolument aucune. L’omniprésence de Sarkozy dans les media s’adressant à tous les publics répond aussi à une autre contradiction de l’oligarchie : les rivalités internes. En effet, bien des élus UMP intéressés par leur baronnie locale supportent déjà mal les « réformes » du président : la fermeture de plusieurs dizaines de tribunaux mécontentent une clientèle sûre de la droite : les avocats et leurs salariés ! Et que dire des « durs » de la majorité qui auraient souhaité une réforme plus radicale des régimes spéciaux ?

Pour cacher la misère morale et intellectuelle de l’UMP Sarkozy surveille ceux qui l’ont fait roi, c’est là la motivation première de l’ouverture à des « socialistes » ambitieux ou à des créatures présidentielles comme F. Amara ou R. Dati, unanimement haïes par l’UMP… C’est, du reste, le seul pouvoir du président réduit à exister par et pour les médias tellement le vrai pouvoir est ailleurs. Fidèle jusqu’à la caricature R. Dati fait de même en n’agissant que par et pour le paraître. La visite de Kadhafi montre comment les cadres du parti sont autonomes vis-à-vis de l’Elysée réduit au soutien de ses seuls pions.

Le sarkozisme n’a donc rien de très nouveau à proposer en tête de gondole : Mitterrand et Giscard firent de même en divisant l’opposition tout en chassant les personnalités de la majorité et Chirac fut le vrai père de Sarkozy en lui montrant que les discours valent moins que la lente inondation libérale. On l’a oublié mais lui aussi s’agita sans répit la première année de son mandat.

 

 

3. L’archipel de la décomposition

 

Et pendant ce temps la France se dissout sous les coups d’un libéralisme anglo-saxon étranger à sa culture et à son histoire. Sans alternative nationale-républicaine crédible, la population se recroqueville sur elle-même : la population vieillit, la petite délinquance remplit  utilement les vides du marché, les anti-dépresseurs et autres « remontants » se vendent plus que bien, le suicide, la prostitution et les sectes se portent bien.

Des travaux sociologiques étudient les mutations ou la décomposition de la société française. L’avenir dira s’il s’agit d’un déclin profond ou d’une confuse phase d’adaptation, mais le fait est que les gens souffrent en ne sachant pas pourquoi. Des chiffres affolants sont disponibles : 7 millions de pauvres, deux autres millions de gens susceptibles de le devenir, un système de santé et éducatif qui est de moins en moins efficace, un communautarisme rampant, une précarité insensée…

Sûres d’elles les élites n’ont même plus la volonté de cacher des chiffres effroyables pour qui sait lire : enrichissement de riches déjà plus aisés que jamais, multiplication des nouvelles pauvretés à la base, la société se délite et se morcelle en groupes, bandes, réseaux rivaux.

Pourquoi tant de passivité ? C’est que le phénomène est très lent : le sociologue E. Dupin a, dans Le Ghetto français, analysé l’historique de cette situation qui remonte selon lui au virage libéral de 1983. Depuis 25 ans les classes sociales ont tendance à se fuir géographiquement : si Neuilly-sur-Seine symbolise à l’extrême la fortification des élites, le reste de la société française subit le même sort très visible dans les grandes villes, celles précisément connectées le plus brutalement à la mondialisation : les flux amènent des immigrés (légaux ou non) en concurrence avec les prolétaires déjà exploités. A l’autre bout de la ville des capitaux s’installent et font main basse tout ce qui peut se négocier. C’est là l’explication de la hausse spectaculaire de l’immobilier depuis une dizaine d’années ; phénomène qui se déverse ensuite dans les villes moyennes puis les petites villes, etc.

La solution est-elle de refuser les capitaux ? De traquer les immigrés ? Face à de tels défis aucune solution ne doit être écarté a priori, mais la France n’a pas vocation à se couper du monde économique ou du monde tout court. Un contrôle étatique et citoyen est pourtant une nécessité car la question des frontières est vitale pour tout Etat digne de ce nom.

Chasser les « sans papiers » comme du bétail tout en laissant les fonds de pension us agir à leur guise est une situation digne de JM Bigard. C’est pourtant ça qui a vidé le vote Le Pen de centaines de milliers de voix.

 

Dans son dernier éditorial avant d’être assassinée par les socialistes Rosa Luxembourg qui avait tenté une révolution bolchevique à Berlin en 1918 analysait l’échec des premiers communistes allemands. Elle pointait, entre autres causes, la mentalité petite-bourgeoise des Berlinois, encore prussiens et soumis.

N’en sommes-nous pas encore là ?

 

 



[1] Le démographe poursuit ses commentaires avec une lucidité étonnante.

[2] Même les services secrets us nient le côté menaçant du programme nucléaire iranien.

16.09.2007

Qu'est-ce que le sarkozisme ?

Le soleil noir de

 

l’impuissance

 

 

 

 

 

Passé l’émotion des élections présidentielles, il est temps d’analyser froidement ce qu’est le « sarkozisme ». Les 100 premiers jours de règne du tonitruant Nicolas donnent, à mon sens, le ton du quinquennat.

Au delà des effets d’annonce, des bruits de fond médiatiques et des jérémiades de la prétendue opposition, il est plus que nécessaire de comprendre ce qu’est N. Sarkozy, ce qu’il fera et surtout ce qu’il ne fera pas.

 

 

1.      Au delà des mots

 

Sarkozy c’est avant tout une machine à bavarder.

Il a toujours fait ça depuis qu’il est entré en politique : son caractère le porte à utiliser un ton péremptoire et à mal cacher sa nervosité, conséquence d’un esprit complexé et peu cultivé, mais ce constat était surtout valable pour le candidat : très efficace dans la conquête des classes moyennes apeurées et dans l’hypnose des personnes âgées terrifiées par l’insécurité. Aidé par une candidate socialiste complètement nulle et sans intérêt il était relativement facile de gagner avec le soutien massif des grands patrons et des petits artisans, captés par une posture poujado-autoritaire.

Mais tout cela, ce n’était rien que des mots, des phrases, des slogans, une gymnastique médiatique en réaction aux événement de l’actualité.

Qu’en est-il une fois arrivé au sommet du pouvoir ?

Nul aujourd’hui n’ose comparer N. Sarkozy à J. Chirac, les deux hommes se haïssent trop et sont encore trop décalés pour être comparés, mais avec un peu de recul les débuts en fanfare de Sarkozy ressemblent à s’y méprendre à ceux de Chirac en 95. Même dans la conquête du pouvoir les parallèles ne manquent pas : confiscation du parti présidentiel, élimination des concurrents internes, discours populiste et confus, soutien des milieux patronaux… N. Sarkozy n’est que le nouveau PDG du capitalisme français, un gars bien payé et sans subtilité qui est là pour gérer la boutique dans le seul intérêt des actionnaires.

            Il hérite d’une France qui a placé de trop grands espoirs en lui : avec une forte participation et un score honorable, Sarkozy est le nouveau Napoléon III, un faux « homme nouveau » chargé de concilier l’inconciliable, de gérer l’ingérable et d’étouffer les problèmes sociaux. 

 

 

 

 

2.      le mur de l’impuissance

 

Très justement inspiré par des transfuges de la galaxie républicaine (H. Gaino, M. Gallo) le candidat Sarkozy s’est taillé un costume de souverainiste accusant la Banque Centrale Européenne de plomber l’économie, l’école d’être incapable d’éduquer les jeunes et la justice de ne pas punir les délinquants, etc… Sans parti à même de parler un autre langage à Monsieur Tout-le-Monde, les gens se sont laissés bercés par ce discours en apparence sensé et autoritaire, c’était oublier naïvement que Sarkozy ministre n’a jamais fait autre chose qu’encourager l’Etat à être incapable : partisan des traités européens qui ligotent la France, il ne peut aujourd’hui faire autre chose que blablater face à une croissance française écrasée par la gestion de l’euro et les taux d’intérêt trop élevés. Son ralliement à l’adhésion de la Turquie à l’Europe (sur injonction américaine) est bien la preuve qu’il n’a aucune parole.

Habile bénéficiaire des émeutes de 2005, il ne sait que faire aujourd’hui face à la multiplication des violences urbaines que sa politique au ministère de l’intérieur n’a nullement limitée.

Militant pour la réduction des déficits il a aussi baissé les impôts (de ses amis millionnaires), dès lors comment concilier les deux objectifs ?

Pour réduire les déficits faut-il appauvrir une éducation nationale déjà mal en point ? Réduire les allocations familiales nécessaires à la natalité ? Embaucher moins de policiers ? Réduire la protection sociale en mécontentant les millions de vieux qui ont aussi peur de Ben Laden que d’Alzeimer ?

Coincé entre une société vieillissante en quête de sécurité sociale et légale et des traités européens qu’il encourage, Sarkozy ne fait, comme Chirac, que se perdre dans la soumission aveugle aux grandes puissances capitalistes, tout en aggravant son cas en s’affichant avec Bush. Sans doute espère-t-il que des attentats ou une guerre contre l’Iran repousse l’heure des comptes…

 

 

 

 

3.      Concrètement

 

Très concrètement il va cumuler les « réformettes » sans grand intérêt, c’est à dire souvent aligner par le bas quelques acquis sociaux (régimes dits « spéciaux ») en appauvrissant encore un peu plus les classes moyennes tout en laissant une minorité d’oligarque capter les richesses. Autrement dit s’en prendre aux petits avantages pour encourager les gros privilèges.

Pour le reste, les petites économies trouvées ici et là n’arriveront pas à réduire les déficits qui trouvent leur cause non dans la mauvaise gestion étatique de l’économie, mais bien dans le chômage, la fraude, les taux d’intérêt trop élevés et l’énormité des dépenses de santé qui bénéficient d’abord à la France du 3° et 4° âge.

Payé pour ça et entouré de conseillers subventionnés et lèche-botte, il tentera de généraliser la précarité et les faibles salaires pour rendre l’économie française plus « compétitive », mais ce nouvel appauvrissement des gens ne réussira pas à compenser les taux d’intérêt trop élevés ou l’euro surévalué, les exportations françaises resteront à la traîne tandis que les revenus se tasseront irrémédiablement. Son idée de liquider les « rentes de situations » (pharmaciens et taxis par exemple) retournera contre lui les clientèles courantes de la droite. A part le surendettement quelle issue pour les travailleurs ? Le suicide ?

Avec une croissance bridée par l’Europe et les crises boursières américaines Sarkozy imitera Mitterrand et Chirac en combinant tous les jours des petits complots minables pour piéger les opposants du moment. Le pro-américanisme et la médiocrité de Royal ont déjà rallié à lui Kouchner et Besson. Leur sionisme commun a fait de Strauss-Kahn un nouvel agent des américains au FMI… Et après ?

Tout cela peut durer, vu la dépolitisation de la société, mais jusqu’à quand ?

- - -

La France d’après sera comme celle d’avant : forte avec les faibles et faible avec les forts. Moitié Berlusconi, moitié Blair, Sarkozy n’apportera et ne résoudra rien, tout au plus aggravera-t-il son cas en participant à une guerre contre l’Iran, sans doute en la perdant.

Les seules très faibles marges de manœuvres dont il dispose, il n’en fait rien : c’est le cas de la « TVA sociale », bonne idée et bel outil si l’Etat garantit son application, mais croire que Sarkozy peut utiliser l’Etat à quelque chose de social, c’est penser qu’un cleptomane peut devenir un exemplaire vigile.

A bon entendeur…

26.05.2007

1995, 2005 : la parenthèse enchantée

1995-2005 LA PARENTHESE ECHANTEE

 

  1. Des hirondelles mais pas de printemps.

Avec le recul il est évident que le mouvement social de l’hiver 1995 a été l’origine d’un vaste mouvement de contestation des classes dominantes en France et en Europe.

Bien sûr, le ver était déjà dans la pomme : face aux « audaces réformatrices » des libéraux seuls des syndicats corporatistes et coupés des réalités se sont mobilisés contre le fait que les élus reprenaient la main dans la gestion de la sécurité sociale. Sur le papier, rien de bien choquant, mais une volonté de la part des oligarques plus libéraux que jamais de gérer une éventuelle privatisation de l’un des plus remarquables acquis social du siècle. Privatisation qui est toujours dans les cartons d’ailleurs.

En face, nulle organisation révolutionnaire, mais une coalition de syndicats enfoncés depuis des décennies dans la cogestion de la Sécu, devenue pour eux une véritable banque et un réservoir de prébendes. Rappelons que les principaux syndicats représentent moins de 10 % des salariés de pays et essentiellement des fonctionnaires et des retraités…

Logiquement, cette lutte des conservateurs contre les libéraux aurait dû ennuyer les gens ordinaires habitués à la thématique du « trou » de la Sécu[1]. Or, contre toute attente l’opinion est plutôt derrière les syndicats et les manifs réunissent des semaines durant des centaines de milliers de gens en plein hiver. L’apathie logique du PS et l’attitude patronale de la CFDT n’y changent rien. Quelque chose s’est passée dans l’opinion. Mais quoi ?

Pour mieux comprendre il faut revenir aux présidentielles précédentes : en 1988 Mitterrand s’impose facilement mais son discours n’a plus rien de commun avec celui de 1981. La force tranquille du début de la décennie s’est métamorphosée en souverain louis-quartorzien qui verra son second et très long septennat multiplier les affaires, les scandales, les cadavres exquis et autres révélations sur son passé. Pour Monsieur Moyen, les comptes sont bons : la gauche a trahi espérances et luttes sociales. Il est temps de se contester.

Le référendum sur le traité de Maastricht en 1992 sera un premier et très sérieux avertissement : le traité est adopté avec tout juste 51 % des voix, les classes populaires qui encaissent les coups depuis le tournant libéral de 1983 ne suivent plus.

Aux présidentielles de 1995 Chirac réussit facilement à battre Balladur qui incarnait un libéralisme cravaté mais sans pitié, à l’image de son bras droit… N. Sarkozy ! Aujourd’hui on peine à croire que Chirac ait pu ainsi refaire le coup de Mitterrand en 95, mais il faut rappeler que dans la décennie 80 toutes les organisations politiques se sont décomposées : face aux discours de la France d’en Haut, plus aucun inconscient militant n’était à même de proposer autre chose. C’est dans cette brèche ouverte que s’est engouffré Chirac et dans une moindre mesure Le Pen. En pleine décomposition / recomposition la pensée de gauche n’a cessé de reculé sur fond de généralisation de la société de consommation (endettement, indivisualisme, libre-échange).

Dans une confusion générale très bien décrite par le premier roman de M. Houellebecq (Extension du domaine de la lutte publié précisément en 1995) la population a commencé à sentir le poids du libéralisme sans pour autant savoir pour qui voter, d’où une popularité surprenante pour Chirac ou Le Pen et dans une moindre mesure Jospin.

Finalement bêtement libéral et pas très fin, Chirac se met à dos le pays avec son plan Juppé qui fait l’unanimité contre lui.

Ruiné politiquement Chirac fait l’erreur de dissoudre l’assemblée et perd de façon retentissante les législatives : la « gauche plurielle », bénéficiant de la même mémoire courte de l’opinion fait… la même politique ! Un mélange sordide de « on n’y peut rien », de privatisations et autres interventions impérialistes (guerre contre la Yougoslavie en 99).

Le 21 avril 2002 vient remettre les pendules à zéro.

 

  1. Les extrêmes : des masques vides

Electoralement les partis antisystèmes ont recueilli des scores énormes en 95 et 2002 : en 95 le PC et les extrêmes gauches dépassent les 10 % et les 13 % en 2002. Même succès apparent pour le FN qui malgré ses divisions internes s’élève à plus de 15 % des voix.

De 2002 à 2005 des mouvements sociaux viennent lutter contre la réforme des retraites ou encore le CPE, deux « réformes » destinées à détourner le fruit du travail vers les possédants de toutes sortes.

En 2005 le référendum sur le traité de Maastricht bis est rejeté sans nuance par l’opinion.

Et, on connaît la suite en 2007. Pourquoi un tel vote contradictoire ?

A dire vrai c’est toujours la même histoire qui se répète sans qu’aucune alternative ne vienne positiver la colère des gens.

Agités par des idées complètement aberrantes, les extrêmes capitalisent des votes uniquement protestataires. Malgré des décennies de fidélités électorales les partis en question (du FN à la LCR) ne réussissent nullement à dépasser leurs vieilles identités flétries. Derrière un racisme mal assumé, le FN cultive une haine des services publics et des obsessions anti-fiscales qui en font plus un club de petits bourgeois frustrés qu’un réel parti populaire. Quand à la « gauche de la gauche » le réflexe de rallier le PS à chaque second tour évite toute autonomie politique et surtout entretient des divisions et des dogmes complètement anachroniques. Ainsi sur la colonisation ou les banlieues, les gauchistes de toutes tendances sont tombés dans les pièges tendus par la pensée dominante : en défendant les filles voilées par anti-colonialisme et anti-racisme la LCR n’a guère défendu les valeurs chères aux travailleurs. Quand à LO, en restant favorable à toute forme d’Europe par anti-nationalisme elle a généralisé la confusion au sujet de la mondialisation.

Animés par des militants de plus en plus âgés, uniquement fonctionnaires, incapables de parler au nouveau prolétariat la « gauche de la gauche » s’est enfoncée dans un mélange incohérent et insensé d’écologie, de féminisme et de jeunisme si bien analysé par A. Soral. Dés lors 2007 devait sanctionner les cinq candidats (pas moins !) se référant de près ou de loin à cette famille politique.

Tels des masques les extrêmes pouvaient faire peur (comme Le Pen au second tour de 2002) mais derrière le masque que trouvait-on ? Rien.

L’exemple le plus typique est celui d’ATTAC (fondée en 97) qui a tenté de proposer des solutions originales sur fond de mondialisation. L’idée d’une taxe Tobin pour réformiste qu’elle soit n’en est pas moins positive et permettrait de taxer le capital pour financer des services publics. Mais en interne tous les courants gauchistes n’ont réussi qu’à se  chamailler sans répit pour gérer la caisse…

Révulsés par l’Eglise catholique au Moyen-Âge bien des gens se révoltèrent, mais pour aboutir à quoi ? Des hérésies encore plus nuisibles pour les masses et des idées plus fausses encore que les bulles des papes ! L’extrême gauche comme l’extrême-droite c’est la même chose : des militants qui ont des mœurs religieuses, des dogmes faussés à force d’être caricaturés et une influence finalement complètement marginale sur la réalité. Qui lit Rouge ? Qui lit Français D’abord ?

 

  1. Bayrou, sauve-nous !

Ainsi la victoire du NON le 19 mai 2005 ne fut que la défaite des oligarques usés par leur propre gestion et non un début de révolution. Même chose en 1997 ou en 2002. Diffuse et confuse la colère populaire est aussi violente que dépourvu de cadres et de sens.

Comme la révolution française fut à la fois l’extermination des nobles et l’interdiction du droit de grève, la mondialisation c’est à la fois plus de progrès et plus de précarité. Avant que l’Histoire ne fasse les comptes les gens souffrent et jouissent sans réaliser d’où viennent les coups et les fleurs car durant toute la période la dépolitisation s’est poursuivie. Dès lors nul ne sait plus qui défend quoi ?

Qui se préoccupe de l’environnement ? Qui luttera réellement contre le chômage ? Qui cassera la petite délinquance ? A la fois tout le monde et bien entendu personne.

Alors que les questions cruciales (traités européens, services publics, vieillissement) n’ont jamais été abordées durant les campagnes de 95, 2002 et 2007 le débat s’est cristallisé sur des détails sans intérêt comme la personnalité de Sarkozy.

Ecrasées entre la généralisation des pauvretés et l’enrichissement inouï des plus riches les classes moyennes sont devenues proto fascistes. Face à des années de travail et d’épargne, tout est permis pour éviter de sombrer : surendettement, haine des impôts, lutte les places, etc. La fuite en avant dans l’égoïsme est générale et surtout sans espoir autre que l’allégement des droits de succession. De l’appauvrissement général on espère la richesse individuelle. Mais, à la décharge des classes moyennes, ce n’est pas elles qui ont commencés à faire n’importe quoi. Le poisson a pourrit par la tête et leurs représentants historiques ont été à l’origine de la situation actuelle. Dès lors, face à un discours calibré pour berner les naïfs et les révoltés, Sarkozy et sa petite troupe de ralliés sont bien à même de réunifier la droite française sur fond de consensus néo-conservateur. Autrement dit : soumission aux multinationales et aux Etats-Unis, gesticulation sécuritaire en interne et morale de cafards pour rassurer les classes populaires complètement délaissées par la gauche.

La parenthèse s’est donc refermé : les possédants ont mis 10 ans à se réorganiser et à se réarmer face à l’incurie des organisations de « gauche » finalement très intégrées au système. Dès lors aux côtés (et non face) à Sarkozy on aura non plus une alternative mais une génération de petits Bayrou qui, sans déroger au consensus, se présenteront comme Sarkozy s’est présenté en 2007 : en petit chef moitié macro moitié écolo…



[1] Davantage entraîné par un fort chômage que par une mauvaise gestion.